Octobre Rose : Ericka Hart s’expose pour sensibiliser toutes les femmes

Ericka Hart est une jeune femme américaine qui a été touchée 2 fois par le cancer. La première fois, elle assista à 13 ans à un combat malheureusement perdu, celui de sa mère. Non satisfait de cette première tragédie, c’est vers elle que le cancer du sein revenait frapper à la porte. Mauvaise pioche !

Illustration d'Erick Hart par Hina Hundt

Octobre Rose et le Cancer du sein.
Chaque année depuis 25 ans, le mois d’Octobre est celui qui met particulièrement l’accent sur la prévention et la lutte contre le cancer du sein. En effet, ce cancer est chez la gent féminine, le plus dévastateur. Et quand il ne tue pas, il laisse dans certains cas les cicatrices visibles de son passage, à travers une mastectomie. C’est-à-dire, une intervention chirurgicale dans le cadre du traitement du cancer, qui consiste à enlever la totalité de la glande mammaire, l’aréole et le mamelon. Une étape douloureuse et un cheminement que j’imagine long, qui impose aux femmes de repenser leur corps, leur féminité, leur sexualité et bien sûr leur confiance en elle.

Cependant, les campagnes de sensibilisation de masse de ce cancer qui touche toutes les populations de femmes, ne représentent essentiellement que des femmes blanches. C’est à partir de ce constat qu’Ericka Hart a décidé de s’exposer au festival Afropunk de 2016 et de livrer sa vérité.

Ericka Hart at Afropunk Festival - Sammy Sampson Photography

Ericka Hart : Elle a survécu au cancer et à la censure pour sensibiliser toutes les femmes.
Ericka Hart n’est pas du genre à fataliste. Si le cancer s’attaque à elle et lui inflige après victoire, d’assumer sa nouvelle féminité, alors elle s’attaque aussi à lui et lui impose de s’exposer aux vues et sus de tous.

Pourtant la décision d’exposer son combat victorieux contre le cancer du sein ne s’est pas prise sur un coup de tête. En témoigne une vidéo qu’elle a publiée 1 an auparavant « Journal Entry : Body Image After Double Mastectomy«  (en anglais). Elle y explique combien il lui est difficile d’aimer ce nouveau corps dans lequel elle ne se reconnaît plus. Ce corps de femme à travers lequel elle exprimait pleinement sa sensualité, sa sexualité et son militantisme pour la liberté aux femmes de jouir de leur corps. Ce corps était maintenant transformé d’une manière qui ne l’épanouissait plus et surtout qui lui faisait douter de ses idéaux féministes.

Mais comme je vous le disais plus haut, Ericka Hart n’est pas femme à baisser les bras. Ses doutes, son désamour momentané et ses faiblesses sont devenues autant de piliers qui ont élevé son pouvoir de résilience.
C’est ainsi qu’au Festival Afropunk Punk de 2016, Ericka Hart s’y rend la poitrine uniquement vêtue de ses cicatrices et d’un collier.

L’effet est immédiat ! Elle qui avait peur par cet acte de choquer négativement les gens, est embarquée dans un tourbillon d’encouragements autant au festival que sur la toile et de questions sur ce qui lui ai arrivé. Se rendant ainsi compte que les gens ne sont pas très au fait des séquelles que peut laisser le cancer du sein. Mais Facebook ne prenant pas conscience du message véhiculé, supprime d’abord les photos et désactive son compte, avant de se raviser.

À lire aussi : À qui appartient le corps des femmes ?

Ericka Hart : Oser la représentation.
Ce n’est pas un hasard si Ericka Hart a choisi le festival Afropunk pour dévoiler sa vérité et son combat. En effet, la politique de ce festival est basée essentiellement sur la tolérance et l’acceptation de tout un chacun, peu importe son orientation sexuelle, sa confession religieuse, ses habilités physiques etc… Bref, un festival total feel good quoi 🙂 !

Elle qui est une jeune femme noire, homosexuelle et militante pour l’égalité des sexes ne se sentait pas du tout concernée par les campagnes de sensibilisation contre le cancer du sein.

“We are not the target women for breast cancer awareness, “ Hart explained,” Whenever you do a google search of breast cancer, images of White women popped up. However, breast cancer has huge impacts on many different people. It impacts queer women at a morbid rate. I identify as queer and I am a Black woman who survived cancer.” – Clutch Magazine

FR : « Nous ne sommes pas les femmes ciblées par la sensibilisation contre le cancer du sein » explique Hart, « Chaque fois que tu fais une recherche dans google sur le cancer du sein, ce sont des images de femmes Blanches qui apparaissent. Pourtant, le cancer du sein a de grandes répercussions sur les différentes populations. Il affecte les femmes homosexuelles à un taux morbide. Je m’identifie comme étant une homosexuelle et une femme Noire qui a survécu au cancer ».

Oser exposer sa nouvelle poitrine et sa nouvelle vie après le cancer du sein est devenue une lutte indispensable pour la visibilité des femmes non blanches face à cette maladie. D’ailleurs, c’est ainsi qu’elle a fait de son compte Instagram un lieu où elle expose ses photos et ses projets, tout en libérant une parole sans complexes sur l’acceptation entière de soi.

Ericka Hart - Photography by Island Boi

Ericka Hart – Photography by Island Boi

Ericka Hart - Photography by Island Boi

Ericka Hart – Photography by Island Boi

Personnellement, je suis impressionnée par le caractère et le courage de cette jeune femme. Dans sa vidéo que je vous ai partagé plus tôt, elle venait de subir une chirurgie reconstructrice de sa poitrine. Elle disait alors qu’avant sa mastectomie, elle voulait rejoindre le mouvement #Free the Nipple et se préparait à exposer ses seins nus s’il le fallait.
Mais après la chirurgie, privée de ses mamelons et donc d’une partie de sa féminité, les doutes et complexes l’envahissaient au point de se demander si elle était encore éligible ou capable de s’engager dans de telles luttes ?
Pour moi, au chaud derrière mon clavier, la réponse est évidente que OUI ! Mais elle qui sortait à peine d’une bataille sans mercis autant physique que mentale et émotionnelle, pour entamer un nouveau marathon vers l’acceptation de son nouveau soi et le partage de son expérience, je ne peux m’empêcher de saluer sa force et sa capacité de résilience. Bien sûr la forme ne plaira pas à tout le monde, mais c’est aussi cette capacité a finalement faire fi de ce que pensent ou disent les « prêts-condamner » qui m’impressionne chez cette femme. Car en fin de compte l’essentiel reste intact : son message universel de sensibilisation et de prévention contre le cancer du sein.

Illustration d'Erick Hart par Hina Hundt

Si vous souhaiter poursuivre votre lecture sur Ericka Hart, ces liens peuvent vous intéresser :
Un exemple de courage pour les femmes atteintes d’un cancer du sein
La force d’une survivante du cancer du sein
#AfroPunkBK2016: Woman Goes Topless For Breast Cancer Awareness

À qui appartient le corps des femmes ?

Malmené, tiraillé, enfermé, harcelé, violé, sujet favoris des idéaux les plus farfelus et des fantasmes de domination les plus abjectes ; Le corps des femmes, résilient et résolument objecteur de conscience, porte en son sein l’origine du mystère des humains : la vie !
Hina Hundt illustration "le corps des femmes" Initialement je voulais vous parler de tétons et du mouvement #FreeTheNipple, mais ça sera finalement le sujet d’un autre rendez-vous hebdomadaire. Puisque tout au long de ces dernières semaines jonchées d’indignation et de stupéfaction, c’est la question du corps entier des femmes qui m’a hantée.
Et pour cause ! En seulement 15 jours, quelques événements médiatiques et uniquement en France, j’ai découvert l’affaire de Sarah 11ans et dans la foulée, appris avec effroi que la loi française fixait l’âge du consentement à partir de 4 ans 1/2. Les émotions continuant leur tour de manège désenchanté, c’est complètement stupéfaite que je regardais l’altercation entre Sandrine Rousseau et Christine Angot sur le plateau d’On est pas couché, 2 victimes d’agressions sexuelles. Enfin, le « Dossier Tabou : Harcèlement sexuel« , présenté par Bernard de la Villardière sur m6 le 1er octobre dernier » finissait de m’enfermer à quadruple tour dans ma petite campagne de banlieue à la routine bien huilée, pour m’adonner à la pratique de l’autruche chez les bisounours.

À qui appartient le corps des femmes ? Aux agresseurs, aux victimes, à la justice (son laxisme), à la responsabilité de l’État, à la médecine, à ceux qui veulent bannir le corps des femmes hors des espaces publics et l’enfermer derrière des idéaux, aux misogynes, aux réseaux sociaux, à ceux répriment la sexualité et le plaisir féminin, à ceux qui stigmatisent la fertilité, la fécondité et l’instinct maternel, à ceux qui jalousent, combattent et violent la liberté des femmes de disposer de leurs corps, de leur intelligence et de leur voix, à ceux qui voient la femme comme la poule publicitaire aux œufs d’or, à ceux qui confondent la fiction pornographique avec le désir féminin, aux orchestres de la culture du viol, à ceux qui choisissent d’humilier plutôt que de donner la parole aux victimes, à ceux qui encouragent les agressions en les sublimant, à celles qui n’osent plus être femme… Aux femmes ?

Hina Hundt illustration "le corps des femmes"

La seule réponse possible pour moi, femme dans un corps de femme, est que cette identité appartient unilatéralement à celles et ceux qui vivent en son sein.

Il m’a été très difficile de mettre des mots sur ce thème qui ne résonne pas en moi puisqu’il me paraît complètement illogique. En effet, je ne comprends pas l’essence du sexisme, du machisme et des croyances qui poussent dans une forme d’aliénation, une catégorie d’humains à dominer sinon vouloir posséder une autre catégorie.
Je parle bien ici de la volonté de domination masculine sur la gente féminine. Car d’aussi loin que je me rappelle et jusqu’à nos portes occidentales contemporaines, les femmes semblent être le jouet de toutes les expériences des sociétés patriarcales. Asservissant tantôt ses libertés ou d’autres fois humiliant son identité, il apparaît que l’émancipation vers une égalité des droits se fasse au compte-gouttes et toujours sous une tutelle masculine (ou majoritairement masculine). Pourtant il serait réducteur de considérer le corps des femmes à cette seule représentation du machisme dans lequel il évolue. Car véritable joyau de la nature, il est le seul capable de donner la vie à son égal comme à son bourreau. Il est la résilience absolue qui durant des millénaires s’est inlassablement adaptée aux excentricités et aux aliénations masculines, tout en prouvant que dans sa nature nourricière régnait également l’intelligence des sciences et de la culture ; Ne leur en déplaise !

Alors, de quoi se nourrit l’essence du machisme ? Est-ce de la jalousie ou de la folie ? Est-ce un complexe d’infériorité ou d’imposture face aux corps des femmes ?

Chaque fois que ces pensées m’envahissent, je me rends compte combien j’ai été et suis chanceuse d’évoluer dans un foyer familial où la représentation de l’homme et de la femme s’est toujours opérée sur le même trône d’égalité et dans le respect des identités. Ainsi mes parents, mes frères, cousins, cousines et ami-e-s proches sont autant d’exemples d’une éducation riche basée sur l’égalité d’appartenir à l’espèce humaine. Une éducation qui a mit en avant l’accès à la connaissance, l’ouverture d’esprit et je le répète, le respect de l’identité masculine et féminine. Un espace où l’un au lieu d’être nié au profit exclusif de l’autre, est au contraire élevé au bénéfice des 2 parties. Et ma foi, nous nous en portons très bien. Je finis sur ces quelques mots de Chimamanda Adichie Ngozi, auteure (entre autres) de Nous sommes des féministes.

« Mon féminisme considère que le regard masculin est accessoire. Il insiste pour que je sois respectée comme un être humain à part entière, sans m’amputer d’aucun aspect de ma féminité. Je refuse d’accepter l’idée que pour acquérir ce respect, je doive ressembler à un homme dans mon apparence, mes manières, ma façon d’être. Mon féminisme insiste sur le fait qu’il n’y a jamais une seule et unique réponse aux problèmes liés au genre, que tout dépend du contexte. Mon féminisme est enraciné dans une sensibilité africaine, et spécifiquement dans une sensibilité igbo. Mon arrière-grand-mère était féministe, mais n’a naturellement jamais utilisé ce mot. Le sexisme est un problème universel, il sévit partout dans le monde, et le féminisme est donc encore nécessaire. Le but ultime du féminisme est bien évidemment de se rendre obsolète. Je rêve d’un monde où régnerait l’égalité entre les sexes et où le féminisme ne serait plus utile.« 

Aujourd’hui les liens que je partage avec vous sont autant d’initiatives créées dans le but d’échanger et de libérer la parole des femmes :
Oser l’intimité avec « Trucs de Meufs »
Oser donner de la voix à ses souffrances
Oser exprimer sa colère du quotidien « Paye ta shnek »

Et si je congelais mes « œufs »…

« Alors, il arrive quand le tient ? »
« 30 ans, pas mariée, pas d’enfant… Tic, toc ! Tic, toc ! Ça tourne tu sais ! »
« Comme chaque année L’entreprise a besoin de concentrer toutes ses forces. J’espère que tu ne prévois pas de tomber enceinte ! »
Bonjour, je m’appelle Hina, j’ai 33 ans, je suis célibataire sans enfant et j’ai des œufs bio tout frais. (Et tout le monde répond : « Bonjouuur Hinaaa !!! 🙂 )

Illustration de Hina Hundt / La Cerise Électrique sur la congélation des "oeufs" / ovocytes

La vitrification de mes ovocoytes (le terme savant pour parler de la congélation de mes œufs), j’y pensais d’abord avec beaucoup d’humour à l’âge de 27 ans.
Entre temps, je suis allée vivre au Canada, j’ai bossé, voyagé, conversé avec des dessins et suis même tombée amoureuse. Puis j’ai passé le cap des 30 ans.
Entre temps, je suis rentrée du Canada, j’ai continué à bosser, voyager et commencé un nouveau langage : le dialogue de sourds avec le cœur. Puis mes 33 ans ont sonné.
Entre temps, j’ai jubilé à l’idée d’avoir vécu tant de choses toutes ces années, j’ai continué à bosser, voyager, échanger des dessins et finalement perdre le contact avec le palpitant amoureux.
Tout azymut, une forêt de bébés s’est mise à redessiner mes paysages et une meute d’injonctions paradoxales est venue questionner le devenir de ma fertilité maternelle et professionnelle.

Et moi dans tout ça ? Après avoir écumé les refrains de circonstances : « Lonely, I’m Mrs Lonely… – Akon », « All by myself… – façon Bridget Jones » et « Avoir un seul enfant de toi… (oui mais de qui ???) – Phil Barney & Marlène Duval » ; Mon génialissime et magnifique esprit féminin de résilience a sèché ses larmes en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire et a enfin aperçu la lumière au bout du tunnel : L’Autoconservation Ovocytaire. Hallelujah !

Ô joie, ô tressaillement de soulagement en mon sein. Une bouée de sauvetage lancée aux trentenaires de mon espèce. Mon espèce, ces jeunes femmes actives qui pour des raisons qui ne regardent qu’elles, ne veulent pas d’enfant pour le moment ou n’ont pas encore réussit à déchiffrer les codes hiéroglyphes du langage amoureux avec Mr Right.

Ah oui mais, il y a un mais* ! (*Attention ça sent la carotte et pas celle du jardin potager bio de Patrick. Ni celle que tu dégusterais avec délectation dans ta salade petits légumes D’aucy. Non, cette carotte-là a plutôt l’odeur des œufs qui ont dépassé la date limite de conservation.)

Parce qu’en France, si le Comité Consultatif National d’Éthique se dit favorable à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) et à l’autoconservation ovocytaire dans les cas de :
– traitement médical ou d’une pathologie risquant d’affecter la fertilité (exemple le cancer)
– don d’ovocytes à la suite duquel, les femmes peuvent faire conserver une partie pour elles-mêmes (cependant plusieurs médecins critiquent souvent cette partie comme étant insuffisante);
L’autoconservation ovocytaires dite de « précaution » ou de « convenance » est néanmoins interdite. En gros pour celles qui n’ont pas encore d’enfant, nous sommes autorisées à donnez nos ovocytes pour aider les autres, mais invitées à aller voir ailleurs pour nous aider nous-mêmes quand nous serons prêtes. #MaisNaaan !
Et c’est pas fini, car ces ailleurs ont plusieurs coûts. En effet, plusieurs pays européens (notamment la Belgique, l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, le Danemark…) ont déjà fait preuve de bon sens en autorisant la vitrification des ovocytes pour une utilisation personnelle. Et si le 1er coût est émotionnel, en contraignant les femmes à l’impossibilité d’être suivies par leurs médecins tout au long de ce processus fastidieux ; le coût le plus rude reste financier puisqu’il faut compter environ entre 3000€ et 5000€.

Illustration de Hina Hundt sur l'infertilité

Pourquoi ai-je décidé d’aborder ce sujet ?
– Parce que les faits sont indéniables. Quand hier en France les femmes se mariaient et avaient leur premier enfant en moyenne à 25 ans, le paysage de notre société actuelle (longues études, opportunités de carrières, difficulté à rencontrer le compagnon avec qui fonder une famille etc…), engendre une mutation de la donne. Trouver le bon équilibre aujourd’hui requiert parfois des talents de funambule et fait reculer en France l’âge moyen du 1er enfant à 31 ans.
– Parce que c’est autant une histoire d’hommes que de femmes. Que les hommes autant que les femmes, se passionnent pour de longues études, des plans de carrière et galèrent parfois à trouver l’amour. Ouais c’est dingue !
– Parce qu’en attendant une évolution favorable des lois de bioéthique, il me semble au moins indispensable de faire circuler l’information avant qu’il ne soit trop tard pour certains œufs. Car si beaucoup de docteurs s’accordent à dire de la fertilité féminine, qu’elle commence son saut à l’élastique à partir de 35 ans ; Certains disent aussi que la période idéale de prélèvement des ovocytes en vue d’une congélation comme dernier rempart à l’horloge biologique, est préconisée jusqu’à 38 ans (dixit Dr François Olivennes).
– Parce que j’ai 33 ans et que je suis célibataire sans enfant.

En conclusion, on fait des études plus longues, on travaille plus longtemps, on meurt plus vieux… Pourquoi ne ferait-on pas des enfants plus tard ?
Alors je vois venir certains qui érigeraient des étendards criant à l’anti-naturel, l’égoïsme de notre société et du regret du bon vieux temps. Et à qui je dirais : Aah si le bon vieux temps revenait à la mode, je suppose que nous nous y adapterions de nouveau (contre d’autres récalcitrants qui crieraient leur regret du TUR-FU).
Bref, si la vitrification des ovocytes dans le cas d’un report du projet familial tel que je l’ai présenté, n’est pas pour autant une garantie de réussite ni LA solution à certains maux de ce siècle ; Elle offre cependant une marge de manœuvre et réaliser cette intervention en France permettrait simplement aux femmes et aux couples d’être mieux entourés, encadrés et suivis. En 2018 se tiendra la prochaine révision des lois de bioéthique.
Je me demande si la blague du congélo me refera rire un jour.

Pour en savoir plus sur cet épineux sujet des « œufs », voici quelques liens intéressants :
– Autoconservation des ovocytes : À quand la fin des inégalités ?
– Congélation des ovocytes : Pourquoi l’interdire est déconnecté de la réalité
– Comité Consultatif National d’Éthique
– Livre : Faire un enfant au XXIe siècle (de François Olivennes)

Loving Day : Une autre raison de célébrer l’amour

Samedi dernier à Paris (mais aussi New York, Amsterdam, Bruxelles, Lyon, Marseille…), nous avons célébré le « Loving Day ». Un événement festif et ensoleillé organisé par le collectif « Les Amoureux au Ban Public« . Il fallait au moins ça pour fêter la victoire de l’amour multiculturel sur la haine et la xénophobie.

Hina Hundt illustration for the Loving Day (interracial couple)
En effet, cet événement reprend le nom du couple mixte les « Loving » ; Un couple unissant une femme noire Mildred Jeter et un homme blanc Richard Perry Loving. Ils se sont battus pendant 9 ans pour défendre leur amour et leur droit au mariage, à l’époque interdit dans l’état de Virginie où ils vivaient. Le 12 juin 1967 ils obtiennent gain de cause à la Cour Suprême des États-Unis qui au-delà de leur couple, rend anticonstitutionnelle l’interdiction des mariages « inter-raciaux » qui sévissent dans plusieurs états.

D’ailleurs, cela a inspiré un film « Loving », écrit et réalisé par Jeff Nichols  qui traite l’histoire de ce couple emblématique du combat pour la mixité multiculturelle.

Les Loving il n’y a pas de hasard ✨

Hina Hundt illustration for the Loving Day (interracial couple)Hina Hundt illustration for the Loving Day (interracial couple)

Les « Pussy Hats » et la Marche des Femmes

Qu’est-ce que les « PussyHats » ? Littéralement « chapeau de chatte » en français, est un mouvement lancé par des centaines de milliers de femmes à travers les États-Unis, qui visent à protester contre les propos sexistes de Donald Trump. En effet, lors d’une vidéo ressortie au cours de sa campagne, Donald Trump le nouveau président des États-Unis affirme : « Et quand tu es une star, elles te laissent faire. Tu fais tout ce que tu veux. Tu peux les attraper par la chatte » (« grab them by the pussy » en anglais). Le mouvement des « Pussy Hats » s’approprie alors cette énième injure sexiste, pour en faire une arme de protestation anti-Trump et un symbole visible marquant pendant la Marche des Femmes.

Pussy Hats et la marche des femmes

La Marche des Femmes du 21 Janvier 2017. Aux États-unis, au lendemain de l’investiture de Donald Trump à la présidence, la Marche des Femmes qui a rassemblé environ 2 millions de manifestants à travers le pays, s’est imposée comme un signal fort au nouveau gouvernement américain. Son étendard, la volonté de tous ceux qui soutiennent les droits des femmes, de tous, des familles et l’égalité des droits, de ne pas rester silencieux malgré le déluge d’expressions misogynes, xénophobes et racistes qui ont marqué la campagne du nouveau président.

« Nous faisons front commun en solidarité avec nos compagnons et enfants pour la protection de nos droits, notre sécurité, notre santé et nos familles – nos différentes communautés font la force de notre pays. La rhétorique utilisée pendant la compagne a insulté, diabolisé, et menacé bon nombre d’entre nous – femmes, immigrés de tous statuts, croyants en diverses religions et en particulier les musulmans, les personnes s’identifiant comme LGBTQIA, ceux qui ont la peau noire ou brune, les handicapés, personnes pauvres ou ceux ayant été agressé sexuellement. […] La marche des femmes à Washington enverra un message à notre nouveau gouvernement au premier jour de leur mandat, et au monde, que les droits de la femme sont des droits humains. »

Une multitude de personnalités ont rejoint la protestation dans la Marche et/ ou sur les réseaux sociaux, à l’instar de Bernie Sanders (ancien candidat à la primaire démocrate) qui a tweeté : “Président Trump, vous avez fait une grosse erreur. En essayant de nous diviser par race, religion, genre et nationalité, vous nous avez en fait rassemblés”.
Parmi les personnalités se trouvaient également Michael Moore, Alicia Keys, Madonna, Scarlett Johansson, John Kerry, Hillary Clinton, Angela Davis, Shepard Fairey… Délivrant et partageant leurs messages d’unité comme autant de barrières face aux menaces proclamées contre les libertés de chacun.

« Nous continuerons à nous soulever jusqu’à ce que nos voix soient entendues, jusqu’à ce que la sécurité de la planète ne soit plus reportée, jusqu’à ce que nos bombes arrêtent de tomber sur d’autres terres, jusqu’à ce que notre dollar soit le même que le dollar des hommes !” – Alicia Keys.

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La Marche des Femmes dans le monde. Le mouvement se mondialise et trouve écho dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, d’Europe, Afrique et Océanie. Le message est clair, créer une union de masse pour défendre les droits des femmes, des familles, des minorités, des immigrants, des libertés religieuses, des groupes LGBT et aussi pour s’ériger contre les discriminations raciales (et toutes formes de discriminations), les harcèlements, les violences sexuelles, les mutilations génitales, les trafics de femmes et d’enfants, le sexisme.

En résumé, la Marche des Femmes du 21 Janvier 2017 fut marquante parce qu’elle a montré que l’attaque d’un groupe de la population humaine, représentait une réponse de tous, face à cette attaque.

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Phenomenal Woman Illustrated : Aïssa Maïga

« C’est rare au cinéma qu’une femme noire ne soit pas une victime. »
– Aïssa Maïga

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Aïssa Maïga, qui est-ce ? (Oserais-je ?)
Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Aïssa Maïga est si je pèse mes mots, l’actrice française du moment. Avec ses 20 ans de carrière, elle se fait d’abord remarquer du grand public dans le film « les poupées russes » de Cédric Klapisch, aux côtés de Romain Duris. Elle enchaîne ensuite avec génie, plusieurs seconds rôles et des rencontres déterminantes qui contribueront à façonner son ascension. Si bien qu’en 2007 arrive la première récompense publique de son travail : une nomination aux Césars pour le meilleur espoir féminin, pour son rôle dans « Bamako« . À force de détermination et de talent, Aïssa Maïga se fait un nom dans le cinéma français. La suite elle, n’en est que logique.

En effet, à partir de 2016,  Aïssa Maïga crève littéralement l’écran dans le film « Bienvenue à Marly-Gomont » de Julien Rambaldi. L’histoire vraie de la famille du chanteur Kamini (dont le père est un docteur noir) qui s’installe dans un village de Picardie. Le film aborde sous fond de comédie populaire, les difficultés d’intégration et les préjugés raciaux.
Et ce début d’année 2017 semble lui sourire tout autant, puisqu’on la retrouve dans « Corniche Kennedy », « Mystère à la Tour Eiffel » et dès Mercredi 18 Janvier, à l’affiche du film « Il a déjà tes yeux« , de Lucien Jean-Baptiste. L’histoire d’un couple ordinaire amoureux et sans problèmes, qui ne pouvant concevoir, choisit d’adopter un enfant. Rien de plus banal, si ce n’est que le couple est noir et le bébé blanc. Un joli pied de nez aux stéréotypes identitaires qu’il me tarde d’aller voir.

Et maintenant à vous : connaissiez-vous Aïssa Maïga ? Que pensez-vous du sujet du film « Il a déjà tes yeux » ? Irez-vous le voir ? Je serai ravie d’avoir vos avis sur cette femme phénoménale et ce sujet de société. N’hésitez pas aussi à me dire quelle femme vous souhaiteriez voir dans le prochain « Phenomenal Woman Illustrated » 😉

Bonne Année 2017 :)

Aurevoir 2016. J’espère que cette année vous a autant comblé que fait grandir. Que cette année vous a permis de réaliser les rêves que vous aviez et que vous finissez l’année le coeur serein et aimant. 

Pour ma part, ce fut une belle année. Éprouvante parfois, énergisante, compatissante et inconditionnellement affectueuse d’autres fois. Je suis extrêmement reconnaissante du temps que m’ont accordé chacune des personnes qui ont traversé ma vie cette année. Et reconnaissante aussi de l’impact que ces personnes m’ont permis d’avoir dans leur vie.

Bonne Année 2017, by Hina Hundt

Bonjour 2017. Pour cette nouvelle année, je nous souhaite de continuer à jouer le jeu de la vie, en réalisant encore nos rêves, en osant vibrer et briller aussi fort que notre âme le souhaite, en osant persévérer au-delà des obstacles et plus encore.

Mais par dessus tout, je nous souhaite beaucoup d’amour. De l’amour simple et authentique, envers soi-même et envers les autres, tels que nous sommes et tels qu’ils/elles sont. Bonne année 2017 💖

La Rivière et le Roseau : Conte d’un 1er Amour

hinahundt_invisiblescarTels les flots impétueux de la mer,
Ainsi commence la soif de vie
D’une source d’eau, qui de rivière en fleuve,
Un jour élèvera à son tour son lit
Au rang de mer.
Mille détours accompagnent ce cheminement
Et parmi eux, résonne le cœur de son roseau.
Il suffira d’un seul battement.
Aussi léger et vigoureux que celui des ailes
De la libellule qui danse au fil de l’eau ;
Pour que germe son roseau au bord de la rivière.
Entre la rivière et son roseau,
L’amour limpide, désintéressé et profond
Devient le courant qui les traverse.
Et tout autour, l’harmonie de leur symbiose
S’affiche comme l’évidence naturelle.
Or, bien avant son ascension vers la mer,
La source vivante de la rivière avait un rêve.
Plus profond et ancré que l’amour intime
Qu’elle porte à son écosystème ;
Elle rêvait d’un ailleurs perché parmi les étoiles,
Où à l’instar du berger, elle guiderait les égarés.
Ce rêve incroyable qu’elle cru longtemps impossible,
Chargeait en elle, les matières solides d’une érosion certaine.
Chaque bassin qui se versait en elle
Manquait invariablement le court du fleuve,
Par lequel elle se jetterait dans la mer ;
Pour finalement étoffer la passion de son rêve ultime.
Asséchant de frustrations et d’amertume
Les berges où fleurissait son roseau ;
C’est sans crier gare que la source douce de la rivière
S’acidifia, jusqu’à rompre son intimité
Avec l’organisme qui deviendra désormais
Le et non Son roseau.
« Il y a des cicatrices qui ne sont visibles qu’avec le cœur. »

« Cool » de Blakesmith, un EP qui prolonge l’été

L’été s’achève doucement et la rentrée pointe déjà le bout de son nez. Qu’à cela ne tienne, voici un EP « Cool » réalisé par Blakesmith, qui prolongera les ambiances lounges et suaves de votre été… La cerise électrique sur le gâteau, il m’a demandé d’illustrer sa cover. Évidemment ce fut un honneur et plaisir non dissimulé 🙂

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Blakesmith. Qui est-il ? Blakesmith est un artiste underground basé à Paris, qui officie en tant que beatmaker pour nous faire groover à souhait. De la palette hip hop / soul, aux sons chaleureux et pop, en passant par les ambiances lounge ou afterwork, il est difficile de rester indifférent face à la justesse des compositions de ce maître d’orchestre.

C’est d’ailleurs le challenge que Blakesmith a une fois de plus relevé avec brio, en sortant le 21 Juillet dernier, son nouvel EP « Cool ». Le thème est donné, clair et sans détour. Entre les nouvelles résolutions de la rentrée et la nostalgie du lâcher prise estival, on reste « cool » et on chill au calme en savourant la fin de l’été.
Son EP « Cool » comporte 15 titres et est disponible sur Bandcamp à prix libre à partir de 5€. Un petit prix idéal pour découvrir cet artiste dont le travail acharné repousse à chacun projet les limites de la qualité, pour le plus grand plaisir de nos plus si chastes oreilles ^^

Alors, plus une minute à perdre. Si vous ne le connaissiez pas encore, je vous invite vivement à le découvrir d’avantage et/ou soutenir son projet. Je suis prête à parier que vous ne serez pas déçue ! 😉

Et pour les plus curieux d’entre vous, vous pouvez également retrouver et partager son univers sur Soundcloud, Site InternetFacebook et Instagram.

Finalement la rentrée sur des rythmes aussi chaleureux s’annonce de bon augure. Laissez-vous tentez par la découverte et dites-moi ce que vous en pensez 🙂

What’s about The ‘Fro !

« My Page Was Blank So I Drew A ‘Fro ! » – Il ne fait plus aucun doute que ce blog a subit de grandes remises en question et négligences depuis le début de l’année (et plus encore). Il serait simple de vous dire que j’ai été beaucoup prise par le rythme effréné de mes obligations professionnelles, ma recherche d’appartement (qui a failli se transformer en mission impossible) et mon déménagement ces derniers 6 mois ; Mais l’autre facette de la vérité est moins glorieuse : je n’avais plus d’inspiration. My Page Was Blank So I Drew A 'Fro ! - HinaHundt

My Page Was Blank. Des interrogations, des doutes, des toiles d’araignée et finalement la paresse, ont commencé à embuer mon esprit et les raisons pour lesquelles j’avais créé ce blog au début. Je n’y voyais clairement plus d’intérêt à poursuivre l’aventure et encore moins ce que je pouvais apporter à la blogosphère. Pour autant, l’idée de fermer ce blog m’était difficile, sinon impossible. Contrairement aux précédentes années, je me contraignais maintenant à rechercher une seule ligne conductrice (que je ne pensais pas posséder), tel le Graal de mon retour proactif, tout en abandonnant aussi rapidement chaque tentative d’échange. Ce blog qui jadis fût mon salon de thé, mon boudoir, ma soupape et mon espace de libre-échange, était devenu le boulet qui reflétait une défaite sur moi-même.

So I Drew A ‘Fro ! Mais la petite histoire ne s’arrête pas là. Aussi frustrant que ça a pu l’être au début, j’ai commencé à accepter ce que je considérais comme une défaite et voir l’autre facette de cet état d’esprit. J’ai levé le pied sur ma course au fil conducteur, me suis retirée et mise à nue sur ce qui me freinait réellement dans ma vie. Alors, j’ai commencé à dessiner sans but ou événement précis. Seulement y prendre plaisir et retrouver cette évidence simple qui m’anime chaque fois que je regagne ma bulle avec un crayon et mon carnet de croquis. Puis, j’ai pris conscience de certains « dysfonctionnements » et limitations dans ma vie. Du coup j’ai déménagé (entre autres ^^) pour me rapprocher de ceux et ce qui sont aujourd’hui les plus importants dans ma vie. Cette décision m’a permis de retrouver un équilibre entre boulot, relations authentiques, voyages, découvertes…, qui me correspond d’avantage. Autant d’étapes mises bout à bout qui n’auraient peut-être pas été possibles sans le malaise ressenti par mon manque d’inspiration. My page was blank, so I drew a ‘Fro !*

À la manière remixée de l’aviateur de St Exupéry et du Petit Prince « Dessines-moi un mouton« , je me suis dessinée un afro en guise de caisse, qui contiendrait ce que je cherche inlassablement. Ma foi, je suis très reconnaissante des diverses expériences et de l’émancipation que j’ai déjà pu y trouver. Et de ce voyage qui suit son cour, j’ai compris que l’essentiel est d’enlacer l’inconfort et de poursuivre sa quête personnelle du bonheur et du bien-être. 🙂

Et vous, comment avez-vous surmontez vos passages à vide, que ce soit dans la blogosphère ou votre vie quotidienne ?
N’hésitez pas à commenter et partager vos ressentis, je serai ravie de vous lire et vous répondre.

My page was blank, so I drew a ‘Fro !* – Ma page était blanche, alors j’ai dessiné un Afro !